Compiling Knowledge, Enacting Space, Binding Time: Innis’s Canadian North (1928–1944)

Patricia H. Audette-Longo, William Buxton

Abstract


ABSTRACT
While Harold A. Innis’s contributions to media theory and economic history are well recognized, his attention to Canada’s North has received less notice. This paper brings together and analyzes Innis’s most sustained engagement with the North: his sixteen-year project of reviewing more than 150 books about the region for the Canadian Historical Review. By examining Innis’s North as a mediated text, the paper traces how his reviews were informed by concerns with enacting space and binding time. The paper discusses how Innis used his reviews to compile information about a largely unknown area, map its natural-resource potential, and commemorate its colourful and sometimes-turbulent past. Innis contributed to a construction of the region as a last frontier whose conquest could unite Canadians in common purpose and identity. Innis’s reviews provided a platform for him to criticize the federal government’s policies on the region, but his contributions to our understanding of the region largely failed to reflect the complexities of an already occupied, already changing North. Nevertheless, his discussions of political and economic development in the North anticipated current discussions of how Canada’s northern tier is undergoing transformation through the exploitation of resources and climate change.

RÉSUMÉ
La contribution de Harold A. Innis aux théories des médias et à l’histoire de l’économie bénéficie d’une grande reconnaissance, mais ses écrits sur le Nord canadien ont reçu moins d’attention. Ce texte dresse un portrait et présente une analyse de ce qui fut sans doute son engagement le plus soutenu avec cette région, soit ses recensions de plus de 150 livres portant sur le Nord, pour la revue Canadian Historical Review. Avec pour prémisse que le Nord, sous la plume d’Innis, constitue un texte émanant d’un processus de médiation, l’article vise à cerner ce en quoi le contenu des recensions a pu être influencé par les préoccupations de l’auteur pour la territorialisation de l’espace et la connectivité par le truchement du temps. À cette fin, il est montré comment la rédaction des recensions a amené Innis à compiler des informations sur une zone jusque lors pratiquement inconnue, à cartographier le potentiel de celle-ci en matière de ressources naturelles et à commémorer un passé haut en couleur et parfois tumultueux. Ce faisant, Innis a contribué à la construction de la région comme « la dernière frontière », dont la conquête permettrait d’unir les Canadiens autour d’un but et d’une identité commune. La rédaction des recensions a donné à Innis l’occasion de critiquer les politiques fédérales sur la région. Toutefois, sa contribution à notre compréhension de la région fut un échec pour ce qui est de rendre compte de la complexité d’un Nord « déjà occupé » et « déjà en changement ». Il n’en reste pas moins que ses réflexions sur le développement politique et économique du Nord anticipaient les discussions actuelles sur les transformations que subit la zone septentrionale du Canada face à l’exploitation des ressources et les changements climatiques.

KEYWORDS: Harold Innis; space and time; mediation; mapping; commemorating; Canada’s North; indigenous people; development

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